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Deux photographies d'enfance d'Alison, déguisée en Minnie et en lapin

La petite Alison ♡

LE COMMENCEMENT

Avant RiseMea,
il y avait simplement moi. ♡

Je m’appelle Alison, mais tu peux m’appeler Lili.

Je suis née le 3 septembre 1996, à Nevers, dans la Nièvre.

Avant d’être la femme que je suis aujourd’hui, avant d’écrire des livres et de créer RiseMea, j’ai été une petite fille.

Une petite fille qui se déguisait en Minnie, qui enfilait un costume de lapin et qui avait encore tellement de choses à découvrir.

Quand je regarde ces photos aujourd’hui, je vois une petite Alison qui ne savait pas encore ce que la vie lui réserverait.

Et quelque part, c’est aussi pour elle que j’ai envie de raconter mon histoire.

Parce que derrière ces photos, ces déguisements et ce sourire d’enfant, il y a une histoire que les images ne racontent pas.

Une histoire qui a commencé bien plus tôt que je ne l’aurais voulu.

J’avais six ans quand tout a basculé.

QUAND TOUT A BASCULÉ

À six ans, mon enfance
a changé de visage.

Tu te souviens de la petite fille déguisée en Minnie et en lapin, juste au-dessus ? Cette petite fille joyeuse, pleine de vie ? Eh bien, à six ans, sa vie a basculé.

J’ai subi des attouchements. J’ai été confrontée à des actes sexuels qu’aucune enfant ne devrait avoir à subir. Et contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, je n’ai pas gardé le silence.

J’en ai parlé. J’ai ouvert la bouche. J’ai raconté ce qui m’arrivait.

Mais personne ne m’a crue.

On a balayé ça sous le tapis, comme si rien ne s’était passé. Alors, qu’est-ce que tu fais, quand tu as six ans, que tu racontes quelque chose d’aussi grave et que personne ne te croit ?

Moi, j’ai grandi avec. Sans savoir mettre des mots dessus. Sans réellement comprendre ce que j’avais vécu. Puisque personne ne semblait trouver ça anormal, j’ai fini par penser que ça devait être normal.

Sauf qu’au fond de moi, quelque chose avait changé. La petite fille joyeuse s’est progressivement renfermée. Je passais énormément de temps seule dans ma chambre. Je m’isolais. Je gardais les choses pour moi.

Et en grandissant, j’ai commencé à ressentir quelque chose que je n’arrivais pas à expliquer.

Je me sentais différente.

Pas forcément capable de dire en quoi. Ni pourquoi. Juste différente. Comme si quelque chose n’allait pas, sans que je sache réellement quoi.

Aujourd’hui, je peux mettre des mots sur ce que j’ai vécu. Mais à l’époque, je n’étais qu’une petite fille qui essayait de grandir avec quelque chose qu’elle ne comprenait pas.

Et ce sentiment de différence, je l’ai emporté avec moi pendant des années.

GRANDIR AVEC TOUT ÇA

Les années passaient.
Mais certaines choses restaient.

Après mes six ans, la vie a continué. Je grandissais, j’allais à l’école, je faisais ce que font les enfants de mon âge.

J’étais devenue une petite fille plutôt renfermée. Je passais énormément de temps seule dans ma chambre. Mais ça ne veut pas dire que je n’avais personne autour de moi.

J’avais des copains. Et surtout, j’avais mon meilleur ami.

Alison et son meilleur ami, ensemble pendant leur enfance puis des années plus tard

Une histoire qui a commencé avant notre naissance ♡

Enfin… meilleur ami, c’est presque trop peu pour décrire ce qu’il représente pour moi.

Notre histoire a commencé avant même notre naissance. Nos mamans étaient meilleures amies à l’époque et elles ont vécu leurs grossesses ensemble. Je suis née le 3 septembre 1996, et lui, le 21 septembre.

Dix-huit jours d’écart. Et cette année, on a tous les deux eu trente ans. Trente ans de vie, et trente ans d’amitié. ♡

Aujourd’hui, je vis en Bretagne et lui à Nevers. On n’a pas pu fêter nos trente ans ensemble, mais on se parle toujours.

On a grandi, changé, construit nos vies chacun de notre côté. Les kilomètres nous séparent, mais ils n’ont jamais effacé ce lien.

Et puis, pour moi, il est bien plus qu’un meilleur ami.

C’est mon frère.

On n’a pas le même sang, on ne porte pas forcément le même nom, mais je le considère comme un membre de ma famille.

Parce que la famille, parfois, ce n’est pas seulement une histoire de sang. C’est aussi une histoire de cœur.

Quand je regarde nos photos, petits, puis des années plus tard, je me dis qu’on a quand même une sacrée histoire tous les deux.

Mais à côté de ces beaux souvenirs, l’école était plus compliquée.

Je n’ai jamais été particulièrement bonne élève. J’avais des difficultés, et en arrivant au collège, les choses se sont progressivement dégradées.

Petit à petit, je me suis retrouvée en échec scolaire.

Et sans vraiment m’en rendre compte, je m’approchais d’une adolescence qui allait être mouvementée.

Très mouvementée, même.

À QUINZE ANS, J’AI EXPLOSÉ

J’étais une adolescente difficile.
Mais personne ne savait vraiment
ce que j’avais dans la tête.

Autant te dire qu’à l’adolescence, je n’étais pas franchement un cadeau.

Je commençais à faire pas mal de conneries. Je parlais mal aux adultes, aux professeurs et surtout à mes parents. J’étais rebelle, insolente, et je n’avais pas vraiment ma langue dans ma poche.

Avec le recul, je pense qu’au fond, j’en voulais à mes parents. Je leur en voulais pour ce qui m’était arrivé à six ans, pour ce que je n’arrivais toujours pas à comprendre ni à expliquer.

Mais à l’époque, je n’avais pas les mots pour leur dire tout ça. Alors, ça sortait autrement.

Au collège, les choses n’allaient pas mieux. En plus de mes difficultés scolaires, je subissais du harcèlement. Et à quinze ans, j’ai commencé à fumer des joints. Très vite, ma consommation a pris énormément de place: je fumais du matin au soir.

Entre les conneries, le cannabis, les tensions à la maison et le collège, mon adolescence était loin d’être tranquille.

Et puis un jour, j’ai complètement pété les plombs en cours.

Je me suis retrouvée à l’infirmerie du collège. Et là, j’ai tout raconté à l’infirmière.

Ce qui m’était arrivé à six ans. Ce que je portais depuis toutes ces années sans réellement le comprendre. Ce que j’avais essayé de raconter enfant, sans être crue.

Cette fois, je voulais qu’on mette enfin des mots dessus.

L’infirmière a appelé mes parents. Sauf qu’entre-temps, fidèle à moi-même, j’avais encore fugué du collège. La CPE m’a appelée pour que je revienne.

Quand je suis entrée dans le bureau, j’ai découvert une scène dont je me souviens encore aujourd’hui.

Ma mère était en pleurs.
Mon père, lui, gardait la face.

Mes parents m’ont ensuite emmenée à la brigade des mineurs de Bourges pour déposer plainte.

Je me souviens encore de cette pièce lugubre. De cette caméra qui me filmait. Et de moi, à quinze ans, en train de raconter des faits qui remontaient à mes six ans.

J’essayais d’expliquer ce qui s’était passé. Mais neuf ans avaient passé, et je ne savais toujours pas vraiment comment mettre des mots sur ce que j’avais vécu.

Et là, on m’a dit que mes propos étaient incohérents.

Une nouvelle fois, je n’ai pas été crue.

La brigade a alors conseillé à ma mère de me faire consulter un psychologue. J’ai été orientée vers un professionnel par leur intermédiaire.

Je l’ai vu une seule fois. Et encore… je me suis barrée du rendez-vous.

Mais apparemment, cette unique rencontre lui avait suffi pour faire une observation à mes parents :

“Votre fille a énormément de colère en elle.”

Non, sans déconner ?

J’avais quinze ans. J’étais en échec scolaire, je subissais du harcèlement, je fumais des joints du matin au soir, je me disputais avec mes parents et je venais de raconter, pour la deuxième fois de ma vie, des violences que j’avais subies enfant.

Alors oui, j’avais de la colère en moi. Beaucoup, même.

Et après ça ?

Plus rien.

Pas d’autre rendez-vous. Pas d’autre démarche concernant ce que j’avais raconté. Tout s’est arrêté là.

À six ans, j’avais parlé. À quinze ans, j’avais recommencé.

Neuf ans avaient passé. Et je me retrouvais encore à devoir grandir avec une histoire que je n’arrivais pas à comprendre.

ENTRE RÊVES ET CRISES D’ANGOISSE

J’étais en échec scolaire.
Mais j’avais encore des rêves.

Après tout ça, la vie a continué. Et de mon côté, les choses n’allaient pas franchement en s’arrangeant.

À l’école, je décrochais de plus en plus. J’ai redoublé ma troisième et raté mon brevet. Deux fois.

En parallèle, je fumais toujours plus de joints. Le cannabis prenait énormément de place dans mon quotidien.

Autant te dire que mon parcours scolaire n’avait rien d’exemplaire.

Mais malgré tout ça, il y avait quelque chose que je voulais faire depuis que j’étais petite.

Je rêvais de devenir coiffeuse.

Alors je me suis orientée vers un CAP coiffure.

Et tu sais quoi ? Je l’ai obtenu.

Moi, la gamine qui n’était pas bonne à l’école, qui avait redoublé sa troisième et raté deux fois son brevet, j’avais réussi à décrocher un diplôme dans un métier qui me faisait rêver.

C’était une vraie réussite dans mon parcours.

Portrait d'Alison durant sa jeunesse, assise sur des gradins
Un bout de ma jeunesse ♡
Et puis, à dix-huit ans…

Quelque chose d’autre
est venu s’inviter.

Les crises d’angoisse.

Et parce qu’apparemment, une seule crise à la fois, ce n’était pas suffisant, j’avais droit à la doublette: crises d’angoisse et crises de tétanie.

Je me souviens encore de la première.

Je rentrais de cours, tranquillement installée dans un train. Et d’un coup, sans prévenir, j’ai commencé à faire une crise d’angoisse accompagnée d’une crise de tétanie.

Je me suis retrouvée complètement en PLS dans le train.

Imagine la scène: un train lancé à je ne sais combien de kilomètres à l’heure, et moi, en PLS à l’intérieur.

À l’arrêt, les pompiers m’attendaient pour me prendre en charge.

Sauf que la suite, je ne l’avais absolument pas vue venir.

Direction l’hôpital psychiatrique de Bourges.

Oui, oui. L’HP.

Et là, autant te dire que j’ai complètement phasé.

Mes parents, eux, me cherchaient partout. Ils pensaient que j’avais été emmenée à l’hôpital de Nevers.

Sauf que non. J’étais à Bourges, à cinquante kilomètres de chez moi.

Sans téléphone. Sans clope. Sans rien.

Autant te dire que je n’avais qu’une envi : me barrer de là.

J’ai donc demandé à appeler mes parents pour qu’ils viennent me chercher. Et heureusement, ils sont venus me récupérer et m’ont ramenée à la maison.

Parce que rester là-bas ? Ah non. C’était mort.

Mais les crises d’angoisse,
elles, ne sont jamais vraiment parties.

Cette histoire ne s’est pas arrêtée à cet épisode dans le train.

Aujourd’hui encore, à trente ans, elles font partie de ma vie.

Et pendant que je continuais à avancer avec tout ça, une autre histoire allait bientôt prendre une place importante dans ma vie.

Mais ça, je te le raconterai dans la suite.

Quand l’amour devient une prison

Huit ans à m’oublier.

Je pensais vivre une histoire d’amour.

J’avais dix-huit ans quand je l’ai rencontré. Au début, on était amoureux. On fumait tous les deux, jusqu’au jour où, à vingt et un ans, j’ai décidé d’arrêter la drogue. Et j’ai réussi. Je m’en suis sortie.

Mais pendant que je prenais ce chemin, lui s’enfonçait dans les drogues dures. Et petit à petit, notre relation a changé. On vivait ensemble, on se faisait confiance et on connaissait les codes de nos cartes bancaires. Sauf qu’il utilisait les miens pour vider mes comptes et acheter de la drogue.

Il se servait aussi de ce que j’avais vécu enfant pour m’éloigner de ma famille. Il me répétait que mes parents ne m’avaient pas protégée, qu’ils se fichaient de moi. Mais que lui, il me croyait. Que lui, il était là. Et au début, je trouvais tout ça normal.

Les années ont passé. Il perdait ses emplois à cause de sa consommation, pendant que je travaillais en mise en rayon chez Leclerc. J’ai connu les hivers sans chauffage, sans eau chaude, les périodes où je devais me limiter à un seul repas par jour.

À dix-neuf ans, j’avais déjà vécu un empoisonnement qui avait failli me coûter la vie. Puis, à vingt-cinq ans, une dysplasie de haut grade m’a valu une opération et plusieurs semaines d’alitement. Et même là, il me faisait culpabiliser de ne pas travailler. Si nous n’avions pas d’argent, c’était de ma faute.

Pendant ce temps, mes crises d’angoisse s’aggravaient. J’ai fini sous anxiolytiques. Cette relation a duré huit ans.

Et il n’y avait pas que lui. Sa famille me répétait que si je le quittais, il finirait sous les ponts. Que notre séparation le détruirait. Alors je restais.

Jusqu’à ce Noël où je me suis posé une question :

“Soit tu le quittes, soit tu revis encore une année comme ça.”

Le 28 décembre, à vingt-six ans, je suis partie. Mais il y a une scène de ce départ que je n’oublierai jamais.

Moi avec mon chien, un souvenir précieux de cette période de ma vie
Un souvenir que je garde précieusement.

Le souvenir de ce départ

On avait un chien, que j’aimais par-dessus tout. Il l’a emmené avec lui.

Et avant de partir, il a regardé notre chien et lui a dit :

“Profite de ta salope de mère, car tu ne la reverras jamais !”

Cette phrase, je ne l’ai jamais oubliée.

Parce que ce jour-là, je ne quittais pas seulement huit années de relation. Je perdais aussi mon chien.

Je suis retournée vivre chez mes parents. Financièrement, psychologiquement, j’étais au fond du trou.

Un an plus tard, j’ai porté plainte. Au départ, je voulais récupérer l’argent qu’il m’avait pris, preuves à l’appui. En racontant mon histoire, on m’a proposé d’ajouter les violences psychologiques à ma plainte. J’ai accepté.

La plainte a été classée sans suite.

J’avais réussi à quitter cette relation.

Mais après huit ans, partir ne voulait pas dire que j’étais déjà libre de tout ce que j’avais vécu.

Après le départ, la chute

Quand je me suis effondrée.

Partir ne voulait pas dire que j’avais tourné la page.

Après huit années de relation, j’avais réussi à partir. Mais ce que je n’avais pas anticipé, c’était le manque. Malgré tout ce que j’avais vécu, il me manquait. Pendant huit ans, il avait fait partie de mon quotidien. Et maintenant qu’il n’était plus là, j’avais cette impression terrible: je n’arriverais jamais à avancer sans lui.

Alors, une nuit, j’ai pris ma voiture. J’ai parcouru 650 kilomètres, en pleine nuit, pour retourner le voir à Nevers. Et ce n’était pas simplement pour lui rendre visite: j’envisageais réellement de retourner vivre avec lui. Je suis même revenue en Bretagne avec l’intention d’annoncer à mes proches que j’allais repartir.

Mais pendant cette période, ma vie ne s’était pas arrêtée. Après ma séparation, j’avais aussi fréquenté un ancien collègue de travail. Là encore, c’était une relation qui se passait mal. Un jour, alors que j’étais chez lui, il m’a agressée. Je ne vais pas entrer dans les détails ici. Mais cet événement fait partie de mon histoire, et je ne veux pas l’effacer de mon récit.

Et puis, j’avais rencontré quelqu’un d’autre. Il connaissait mon histoire. Il savait ce que j’avais vécu pendant ces huit années et que ma séparation était encore difficile pour moi. Au départ, on était simplement amis. On s’entendait bien, on passait du temps ensemble. Puis, après une soirée d’anniversaire, on a couché ensemble. On s’était promis que ça ne se reproduirait pas. Sauf que ça a continué.

Notre relation était assez étrange. On n’avait jamais mis de mot sur ce qu’on était. On ne s’était jamais dit qu’on était en couple, mais on se voyait tous les week-ends, on discutait régulièrement et on partageait des moments ensemble. Et lors de cette dernière visite à mon ex, j’ai compris une chos : j’étais amoureuse de lui. Alors je suis restée en Bretagne.

Cette relation a continué pendant plus d’un an. De mon côté, mes sentiments étaient devenus de plus en plus importants. Quelques mois auparavant, je lui avais avoué que j’étais amoureuse de lui. Il savait donc ce que je ressentais. Mais le temps passait et notre situation ne changeait pas. Au bout d’un an, j’ai voulu savoir où on en était. Pas pour lui imposer quoi que ce soit, mais parce que j’avais besoin d’une réponse pour pouvoir avancer dans ma vie.

Et sa réponse a été:

“Pour moi, tu es juste du crédit gratuit.”

Il m’a aussi dit:

” Je sais que tu m’aimes, mais je ne peux pas m’empêcher de te faire du mal.”

Après plus d’un an à partager des moments avec lui, voilà ce que je représentais à ses yeux, d’après ses propres mots. J’ai fini par couper les ponts. Et c’est après ça que je me suis effondrée.

Mais ce n’était pas seulement à cause de cette dernière histoire. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à regarder tout ce que j’avais vécu depuis mon enfance. Et une chose m’a frappé : depuis toute petite, j’avais le sentiment d’avoir été utilisée. Les attouchements à six ans. Les relations qui m’avaient abîmée. L’agression. Et cette dernière histoire. Tout me revenait. Et surtout, j’ai réalisé quelque chose de terrible:

” J’avais l’impression que mon corps ne m’avait jamais appartenu.”

Cette prise de conscience m’a profondément bouleversée. J’ai traversé une dépression sévère. Je ne mangeais presque plus, au point qu’une hospitalisation sous contrainte a été envisagée.

J’avais réussi à quitter une relation de huit ans. J’avais essayé de continuer ma vie. Mais je me retrouvais face à tout ce que j’avais vécu, sans savoir comment avancer avec ça.

Je ne voulais plus continuer à vivre comme avant. Mais je ne savais pas encore comment faire autrement.

Apprendre à me connaître

Je ne me suis pas retrouvée.
Je me suis trouvée.

Parce qu’au fond, je n’avais jamais vraiment appris à savoir qui j’étais.

Quand j’ai commencé à tomber en dépression, j’ai aussi commencé à chercher des réponses. J’avais besoin de comprendre deux choses : pourquoi j’allais aussi mal et pourquoi j’avais accepté certaines situations tout au long de ma vie. Pourquoi j’avais eu autant de mal à quitter des relations qui me faisaient souffrir. Pourquoi j’avais parfois laissé les autres prendre autant de place, jusqu’à m’oublier complètement.

J’ai essayé de consulter une psychologue, mais cette façon de travailler ne me convenait pas vraiment. Alors, j’ai commencé à écrire.

Et quand je dis écrire, n’imagine pas de jolis carnets parfaitement organisés, avec des titres, des couleurs et des exercices bien rangés. C’était un joyeux bazar. J’écrivais ce qui me passait par la tête. Je revenais sur des souvenirs, je me posais des questions, je faisais des schémas dans tous les sens. Parfois, je passais d’un sujet à un autre sans aucune logique apparente.

Mais au milieu de tout ce désordre, j’essayais de comprendre pourquoi j’allais aussi mal et pourquoi j’avais accepté certaines situations. Je reprenais mon histoire depuis l’enfance, je faisais des liens entre différents événements et je cherchais à comprendre mes réactions. Je n’avais pas de méthode. Je cherchais simplement à mettre un peu d’ordre dans tout ce que j’avais dans la tête.

Petit à petit, j’ai commencé à regarder mon histoire autrement. Je suis notamment revenue sur ce qui m’était arrivé à six ans. Avec le recul, j’ai eu le sentiment que cet événement avait eu une place importante dans ma façon de me construire, dans mon rapport aux autres et dans la difficulté que j’avais parfois à poser mes limites.

Plus j’écrivais, plus je comprenais certaines choses sur mon passé. Mais surtout, je commençais enfin à découvrir qui j’étais. Ce que j’aimais. Ce que je voulais. Ce que je ne voulais plus. Les personnes avec qui je me sentais bien et celles qui n’avaient plus leur place dans ma vie.

Et un jour, j’en ai eu marre. J’ai décidé d’envoyer tout le monde se faire foutre. Le regard des autres, leurs jugements, leurs attentes, leurs avis sur ce que je devrais faire ou sur la personne que je devrais être… J’en avais assez.

J’ai aussi commencé à faire du tri dans mon entourage. À prendre mes distances avec certaines personnes, à couper les ponts avec d’autres. Je ne voulais plus conserver des relations simplement par habitude, par culpabilité ou par peur de déplaire.

Je voulais pouvoir dire non sans me justifier pendant des heures. Faire des choix parce que j’en avais envie, pas parce qu’ils feraient plaisir à quelqu’un d’autre. Et surtout, arrêter de me demander en permanence ce qu’on allait penser de moi. Je voulais vivre une vie qui me ressemble.

Ça ne voulait pas dire que tout était réglé, que je n’avais plus d’angoisses, plus de doutes ou plus de moments difficiles. Mais quelque chose avait changé : je commençais enfin à prendre ma propre vie en main.

Je ne m’étais pas retrouvée.
Je m’étais trouvée.

Et aujourd’hui ?

Un moment partagé avec Benoît
Une vie que je construis à deux.

Aujourd’hui, je partage ma vie avec un homme merveilleux et je suis belle-mère de deux adolescents. Une vie que je n’aurais pas forcément imaginée quelques années plus tôt, mais dans laquelle je trouve ma place.

Je continue à apprendre à construire une relation qui me ressemble, sans oublier la personne que je suis.

Un moment de complicité avec ma maman
Ma maman. Ma meilleure amie. Ma confidente.

Ma relation avec mes parents a aussi évolué. Ma mère est devenue ma meilleure amie, ma confidente. Une personne avec qui je peux partager énormément de choses.

Un souvenir de voyage avec mon papa
Lui et moi. Une voiture. Un pays. Et on découvre ensemble.

Et avec mon père, on partage quelque chose que j’adore : partir découvrir de nouveaux endroits. Prendre la route, voyager et vivre de nouvelles expériences ensemble.

Je ne prétends pas avoir toutes les réponses. Je n’ai pas effacé mon passé et je ne cherche plus à faire comme s’il n’avait jamais existé.

Je continue à apprendre, à me poser des questions, à faire des erreurs parfois. Mais aujourd’hui, je veux que mes choix m’appartiennent.

Et tous ces carnets, ces réflexions et ces questions que je me posais simplement pour comprendre ce qui m’arrivait ont fini par faire naître une idée.

Et si ce que j’avais appris en essayant de me comprendre pouvait aussi aider d’autres femmes à se poser leurs propres questions ?

C’est de là qu’est né…

RiseMea.

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